Parvenus à Prémanon en face de l’espace des mondes polaires, nous descendons vers Morez à l’ombre d’une forêt fraîche au matin, progressant dans une pente pente douce vers le nord pour parvenir au « belvédère des maquisards » ; depuis ce point de vue sur la vallée de la Bienne, nous sommes quatorze à imaginer comment une poignée d’hommes ont opéré ici pour retarder l’arrivée de renfort de soldats allemands à ceux du fort des Rousses attaqués par les résistants en août 1944. De là, à l’est nous empruntons la descente abrupte sur le bief de la Chaille en provenance du pied de la Dôle, lequel est franchi sur un joli petit pont ; la remontée aux Rousses nous réchauffe, et nous atteignons le fort par la porte de France devant laquelle nous pique-niquons. Nous longeons ensuite la face est du « bloc casmate » vers le sud, instruits (tes) des commentaires avisés de Didier qui y a servi, et qui nous explique la redoute de la porte de suisse et la protection des douves lourdement cuirassées de rochers organisés, de ce fort édifié au XIXè siècle, les Prussiens passés par le col de la Givrine en 1815 ayant laissé un mauvais souvenir. Nous cheminons ensuite au nord et opérons une descente sur la cascade de la Chaille en amont de cette dernière, laquelle conserve ici un débit appréciable dans un écrin de fraîcheur. C’est enfin la chaude remontée sur Prémanon que l’on rejoint bientôt après une agréable randonnée de rentrée de 13,6 km et 440 m de dénivelé.
Texte et photos : Henri BOZONNET






